Baobabs de Madagascar : espèces, lieux et guide de visite
Six des huit espèces de baobabs existant dans le monde sont endémiques de Madagascar. Aucun autre pays ne possède une telle diversité. Ces arbres peuvent vivre plus de 1 000 ans, stocker jusqu’à 120 000 litres d’eau dans leur tronc et mesurer jusqu’à 30 mètres de haut. Voici où les voir, comment y accéder et ce qu’il faut savoir avant la visite.
Les espèces de baobabs à Madagascar
Madagascar abrite six espèces endémiques sur les huit connues dans le monde (les deux autres se trouvent en Afrique continentale et en Australie).
| Espèce | Nom local | Taille max | Où la voir |
|---|---|---|---|
| Adansonia grandidieri | Reniala | 30 m | Allée des Baobabs (Morondava) |
| Adansonia za | Za | 20 m | Ouest et sud de Madagascar |
| Adansonia rubrostipa | Fony | 5 m | Forêt de Kirindy |
| Adansonia madagascariensis | Bozy | 25 m | Nord-ouest (Ankarana) |
| Adansonia perrieri | Perrieri | 15 m | Nord (très rare, en danger) |
| Adansonia suarezensis | Suarez | 25 m | Diego Suarez (en danger critique) |
Les deux espèces les plus menacées (A. perrieri et A. suarezensis) comptent moins de quelques centaines d’individus chacune. La déforestation et le changement climatique sont leurs principales menaces.
L’Allée des Baobabs de Morondava
C’est le site le plus connu de Madagascar. Une vingtaine de baobabs Grandidieri bordent une piste de terre sur 260 mètres entre Morondava et Belon’i Tsiribihina. Ces arbres sont les derniers vestiges d’une forêt dense qui couvrait la région il y a encore quelques siècles, défrichée progressivement pour l’agriculture.
Le site est classé monument naturel depuis 2007. L’Allée est surtout visitée au coucher du soleil, quand la lumière rasante dore les troncs et que les silhouettes se découpent sur le ciel orange.
Accès : depuis Morondava, 20 km de piste (45 min en 4×4). Praticable uniquement en saison sèche (mai-novembre). Droit d’entrée : 10 000 Ariary (environ 2 euros). Meilleure heure : arriver vers 16h30, le coucher est vers 17h30 en saison sèche.
Les Baobabs amoureux
À 3 km de l’Allée des Baobabs, deux troncs enlacés forment ce que les locaux appellent les “Baobabs amoureux”. Ils sont devenus un symbole romantique et un spot photo incontournable. Le site est plus calme que l’Allée principale et se visite facilement en combiné.
Accès : piste depuis l’Allée des Baobabs, 3 km. Droit d’entrée : 5 000 Ariary.
Forêt de Kirindy : baobabs et faune sauvage
La forêt sèche de Kirindy, à 60 km au nord de Morondava, abrite des baobabs Fony (l’espèce la plus petite, reconnaissable à son tronc en forme de bouteille) mélangés à une faune exceptionnelle : fossa, lémuriens nocturnes, caméléons géants. C’est l’excursion complémentaire parfaite à l’Allée des Baobabs.
Accès : 60 km depuis Morondava (2h de piste). Guide obligatoire. Entrée : 25 000 Ariary. Prévoir une visite nocturne pour la faune.
Autres sites remarquables
- Réserve spéciale d’Ankarana (nord) : baobabs A. madagascariensis mélangés aux tsingy. Circuit combiné possible depuis Diego Suarez.
- Ifaty (sud-ouest) : la forêt d’épineux d’Ifaty contient des baobabs Za et des arbres-pieuvres (Didierea). Accessible depuis Tuléar.
- Parc national Tsingy de Bemaraha : des baobabs poussent au milieu des formations calcaires. Accès plus difficile mais spectacle unique.
Le baobab dans la culture malgache
Pour les Malgaches, le baobab n’est pas qu’un arbre. Certains individus sont considérés comme sacrés (fady) et font l’objet de rituels. Les villageois y déposent des offrandes et demandent protection aux esprits qui y résident. Le fruit du baobab (appelé “pain de singe”) est consommé pour sa richesse en vitamine C, et les fibres de l’écorce servent à fabriquer des cordages.
Une légende raconte que Dieu, mécontent de l’orgueil du baobab, l’a arraché et replanté à l’envers, les racines vers le ciel. C’est ce qui expliquerait la forme si particulière de ses branches, semblables à un réseau racinaire.
Conseils pratiques pour la visite
- Meilleure période : mai à novembre (saison sèche). Les pistes vers Morondava sont impraticables de janvier à mars.
- Durée recommandée : prévoyez au minimum une demi-journée pour l’Allée des Baobabs + Baobabs amoureux. Une journée complète si vous ajoutez Kirindy.
- Transport : 4×4 indispensable pour les pistes. Location avec chauffeur à Morondava à partir de 100 000 Ariary/jour (20 euros).
- Photo : emportez un objectif grand angle. Les baobabs sont massifs et la piste est étroite, le recul est limité.
- Respect du site : ne grimpez pas sur les racines, restez sur les chemins balisés. Les baobabs Grandidieri sont classés en danger par l’UICN.
Questions fréquentes
Peut-on voir des baobabs sans aller à Morondava ?
Oui, mais les sites alternatifs sont moins spectaculaires. Quelques baobabs isolés se trouvent près de Majunga et dans le nord (Ankarana). Pour la concentration et l’effet visuel de l’Allée, Morondava reste sans équivalent. Si vous êtes dans le nord, la visite des lieux incontournables inclut souvent un détour par Ankarana.
L’Allée des Baobabs est-elle menacée ?
Oui. Le classement en monument naturel a freiné la déforestation immédiate, mais les feux de brousse, l’agriculture et le changement climatique continuent de menacer les baobabs. Plusieurs projets de replantation sont en cours, soutenus par des ONG locales et internationales.
Combien de temps faut-il pour aller de Tana à Morondava ?
En avion avec Madagascar Airlines : 1h de vol, avec des liaisons régulières. Par la route (RN35 puis RN34) : comptez 10 à 14 heures en 4×4, davantage en taxi-brousse. Le vol domestique est fortement recommandé pour gagner du temps.